<![CDATA[My Site - Blog]]>Fri, 04 Dec 2015 21:03:04 -0800Weebly<![CDATA[SORTEZ EXPLORER ! ]]>Wed, 07 Oct 2015 16:17:03 GMThttp://www.ninetenth.co/blog/-sortez-explorer
L’EXPLORATION UN "JEU D’ENFANT"
En juin dernier, membre du jury des diplômes à l’école de design Strate Collège, le mémoire d’un des élèves portant sur l’exploration, le jeu et la productivité m’a particulièrement interpellé et inspiré cet article. L’exploration est une faculté innée chez l’enfant ; celui-ci essaye, fait des erreurs, ne craint pas l’échec, ose poser des questions. Il apprend tout simplement à découvrir le monde qui l’entoure, avec une attitude positive et ouverte. L’enfant accepte l’erreur, il n’a pas peur d’être ignorant. De même, les bébés préfèrent l’emballage plutôt que le cadeau, parce qu’il est beaucoup plus détournable qu’un objet « dé »fini : Il peut le déchirer, le froisser, faire du bruit avec...Bébé et enfant sont curieux, ils explorent, sont ouverts à un apprentissage continu, ils sont avides d’en connaître plus sur leur environnement.
 
En grandissant, l’adulte souvent pressé, peut laisser place à la pression sociale, au sérieux et au manque de lâcher-prise. Cependant, explorer c’est observer, détourner, se tromper, déconstruire pour reconstruire….pour apprendre et porter un nouveau regard sur le monde qui nous entoure. 
 
À l’échelle de l’entreprise, il est difficile de libérer des ressources pour explorer car la finalité est souvent incertaine. C’est pour cela que l’entreprise, prise par les étaux du profit court terme, préfère plutôt se standardiser et améliorer ses processus, le gain étant plus facilement quantifiable. À l’inverse l’innovation c’est enlever les standards, amener créativité et nouvelles connaissances.
 
En effet, prendre le temps d’explorer, pour une entreprise, c’est instaurer une logique de rupture et de création de nouvelles connaissances. Edith Widder, célèbre océanographe cite : l’« Exploration is the engine that drives innovation. Innovation drives economic growth. So let's all go exploring ». Le manque d’exploration et de prise de risques, amènent les entreprises à faire des innovations incrémentales, de petites croissances. À l’inverse, l’exploration est un outil puissant pour engendrer l’innovation de rupture, à terme une croissance exponentielle.
 
Dans un monde, où les résultats financiers doivent être livrés à courte échéance et sécurisés, l’exploration par essence est plus aléatoire, mais porteuse de plus gros potentiels.  Comment peut-on alors favoriser une innovation exploratoire ? Plus globalement dans nos sociétés traditionnelles, comment se laisser aller à une démarche d’exploration mêlant hasard et découverte ?
 
HUMANISER 
Innover c’est avant tous améliorer, faire progresser la vie des individus, citoyens, employés, voisins…et pour ce faire il faut s’intéresser de près à eux. Les sciences humaines appliquées à l’innovation permettent à l’explorateur une meilleure compréhension de l’autre : s’immerger dans sa vie, comprendre ses pratiques, ses valeurs, sa conception du monde, appréhender ses problématiques du quotidien, détecter ses frustrations, tensions, rentrer en empathie avec son monde à lui. La création d’outils de recherche par les designers alimente l’exploration en incitant l’interviewé à utiliser d’autres moyens d’expression que les mots, tel que le dessin, ou la photo. Au travers de l’étude terrain et des différentes approches ethnographiques et design, l’explorateur se laisse porter par la découverte des pratiques, des processus sociaux, des individus. Il se comporte finalement un peu comme un enfant, curieux avec toutes ses questions, il s’accroche à des détails, prête attention aux mots, expressions faciales, aux gestuelles. Il est dans une attitude de découverte favorable à l’émergence d’idées en ruptures, répondant aux besoins profonds des individus. 
 
FAVORISER UN ENVIRONNEMENT CRÉATIF
« Il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile filante », de Friedrich Nietzsche. Nous voyons ces dernières années fleurir des tiers lieux où le « chaos » est possible, favorisant l’exploration au travers du « Faire » et des Usages : les Fab Labs permettent grâce à un outillage physique et numérique de concevoir et réaliser des prototypes rapidement, mais aussi de se tromper à moindre coût, de recommencer. Quant aux Living Labs, ils regroupent différentes parties prenantes autour des usagers, dans le but de co-concevoir et co-évaluer des idées, des solutions.
 
Le Fab Lab est plus centré sur l’exploration technique alors que le Living Lab est orienté sur l’exploration des pratiques et usages. Il faudrait idéalement mixer les deux, afin de créer une intimité entre le champ des faisables et le champ des usages.
 
UNE CULTURE DE L’EXPLORATION
Explorer c’est sortir du cadre et se laisser surprendre. L’avantage compétitif aujourd’hui, c’est la capacité à sortir du cadre et trouver des solutions innovantes, toute une culture que les entreprises doivent s’approprier rapidement au risque de se faire « ubériser ». Comment s’en sortir ?
La force d’une entreprise c’est sa ressource humaine, toutes catégories confondues. Bien trop souvent l’entreprise pratique une segmentation entre les « pensant » et les « exécutants ». Cependant, les « pensant » ne devraient-ils pas un peu plus se confronter au terrain et les « exécutants » être plus entendus ? En interne, l’entreprise doit permettre à toutes catégories d’employés de remonter des idées, les prototyper, les partager, les mettre en œuvre à petite échelle. De même, casser les frontières avec l’extérieur est essentiel pour que l’innovation devienne ouverte et accessible à tous.  
 
On imagine très bien, un Lab (Lab Lab + Living Lab) qui soit ouvert aux employés de l’entreprise comme aux personnes de l’extérieur. Les craintes d’espionnage potentiel par des concurrents seront de moins en moins valides, car la problématique de secret industriel, propriété intellectuelle s’effrite de plus en plus avec la montée en puissance de l’open source (cf : Tesla qui donne l’intégralité de son portefeuille de brevets). Le challenge qui s’ouvre n’est pas sur le « comment faire » mais sur le « quoi faire ».
 
Enfin, l’innovation c’est accepter de maximiser les chances d’être surpris, c’est accepter de passer par des moments que l’on ne contrôle pas, le lâcher-prise. L’innovation n’est pas un processus rectiligne. Dans les décennies à venir Les entreprises seront jugées sur cet aspect et non plus sur leur capacité à exécuter de manière certaine. Même si la standardisation tend à uniformiser la pensée en entreprise, les nouvelles approches d’innovation par le design et de fabrication proposent des outils, méthodologies, tiers lieux d’exploration, pour enfin libérer la créativité !
 
Alors sortez explorer !

Gaëlle Seznec
À l'initiative de NINE TENTH
Design Thinker, Designer de services
 
 

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<![CDATA[Le Design Thinking, une vision holistique nécessaire à l’innovation. Les quatre points qui en font la force :]]>Thu, 10 Apr 2014 10:07:40 GMThttp://www.ninetenth.co/blog/le-design-thinking-une-vision-holistique-ncessaire-linnovation-les-quatre-points-qui-en-font-la-force1- L’humain
L’innovation si elle veut être pertinente doit se recentrer sur les vraies valeurs d’usage. Le Design Thinking est humain et empathique: il prend en compte les besoins profonds des utilisateurs pour coller de plus prés à leurs valeurs, besoins latents, désirs futurs, préoccupations. Il s’intéresse à la demande non exprimée des utilisateurs, à l’expérience vécue.

2- La créativité
Le Design Thinking fait appel à la pensée créative des designers, qui apporte une balance nécessaire entre le scientifique et l’intuitif, le rationnel et l'émotionnel. Il apporte les moyens pour stimuler et provoquer des bouleversements. Le Design Thinking n’est pas une méthodologie, c’est une philosophie, une culture : celle du designer créatif qui a l’habitude de casser les schémas mentaux.

3- La collaboration
Le Design Thinking intègre l’organisation consciemment dans le processus d’innovation: il utilise toutes les ressources humaines en interne comme le marketing, la vente, la R&D, personnes de terrain, sur la résolution des enjeux inhérents à l’organisation. Les entreprises sont souvent assises sur une mine d’or d’information et d’idées, le design thinking les fait émerger et les valorise dans une démarche collaborative. De manière générale, le Design Thinking est un créateur de ponts entre des disciplines qui peuvent avoir du mal à travailler ensemble.

4- L’itération
Les grandes organisations sont souvent trop lourdes de processus, de règles, de politique. Cette lourdeur va à l’encontre de la flexibilité, de la vélocité requise par l’innovation. Le Design Thinking rend possible la validation des bonnes idées, à petite échelle, de façon intégrative, sans se lancer dans de lourds processus. Les coûts et risques sont minimisés, il ne s’agit plus d’un plan d’exécution, mais d’un plan d’apprentissage sur les usagers et la proposition de valeur. 

Gaëlle Seznec
À l'initiative de NINE TENTH

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